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CHAPITRE DEUX

 

     Au cours des lignes précédentes, j'expliquais que le satanisme faisait peur au commun des mortels. C'est une évidence ! Cette peur provient en premier lieu de notre éducation religieuse remontant à l'enfance, soit par l'intermédiaire unique des parents, soit par une éducation effectuée par un clergé quelconque, le catéchisme chez les catholiques, par exemple.

     Mais il y a aussi tout un amalgame autour de Satan, le diable, l'enfer, etc., véhiculé par les rumeurs, les légendes, la littérature, le cinéma et bien entendu les religions elles-mêmes.

     Ce chapitre deux a pour but de remettre « les pendules à l'heure », autrement-dit des mises au point d'une nécessité absolue.

 

     Satan ou Lucifer ? Lucifer ou Satan ?

     En hébreu, Satan (Shaïtan), signifie « adversaire ». Adversaire de Yahweh (Dieu) bien entendu. Si nous partons du principe, avec un gros effort de naïveté que Dieu est bon et dans le prolongement son « fils » Jésus, représentant le bien, l'entité contraire, le mal, ne peut être que l'adversaire : Satan !

     En fait, dès notre enfance, le mal est en chacun de nous. Nous sommes tôt ou tard confrontés à sa présence par le simple fait que notre esprit se trouve un jour ou l'autre porté à faire une action contraire à notre conscience : voler, mentir, renier une parole, etc. Certains d'entre-nous vont même très loin : tuer ! Or il ne faut pas confondre le mal et le Malin ! Toute la subtilité de ma réflexion présente se trouve dans cette phrase. Le mal est en nous, le Malin est à part. Quand les Évangiles nous racontent que Jésus partit seul dans le désert, qu'il rencontra Satan et que ce dernier tenta de le corrompre en lui faisant miroiter puissance et richesse, il est bien évident que c'est sa propre conscience que Jésus dû affronter. En effet, Jésus aurait pu devenir véritablement roi des juifs dans une Palestine sans Rome et accéder ainsi à la gloire matérielle.

     Augustin d'Hippone, devenu Saint Augustin (354-430) se posait une question angoissante dans ses Confessions : « D'où vient le mal, puisque Dieu, qui est bon, a fait bonnes toutes choses ? »

     Quant au philosophe allemand Leibnitz (1646-1716), il constata dans ses Essais de Théodicée ceci : « Comment un principe unique, tout bon, tout sage et tout-puissant, a pu admettre le mal, et surtout comment il a pu permettre le péché, comment il a pu se résoudre à rendre souvent les méchants heureux et les bons malheureux. » Ces derniers mots mériteraient à eux-seuls une très longue réflexion !

     Lucifer signifie « Porteur de Lumière », magnifique nom traduit du latin lux « lumière » et fero « porter ». A l'époque antique, chez les romains notamment, Lucifer désignait la planète Vénus elle-même représentant la femme. Les romains disaient de Vénus : Lucifer qui nescit occasum (lumière qui ignore  le déclin), car nos ancêtres avaient remarqué depuis fort longtemps, que Vénus ne disparaissait jamais derrière l'horizon, car la planète à la particularité d'avoir une orbite autour du soleil, qui vue de la Terre trace un symbole riche en signification: un pentacle ! Nous reviendrons sur ce point ultérieurement.

     Quel est le premier rapport entre Lucifer et la femme ? Revenons à la légende de la Genèse de la Bible : Yahweh créa l'homme puis la femme. Même adultes, tous deux n'avaient aucune intelligence (ils étaient nus et ne le savaient pas). Ils n'avaient pas la conscience de leur propre existence, qualité que Yahweh leur refuse. Lucifer -"le plus sage de tous les anges", d'après Tertullien, était en désaccord sur ce point et malicieusement se tourna vers la femme et lui « ouvrit » l'esprit (l'épisode de la pomme), lui apportant la connaissance, la lumière, autrement-dit l'intelligence. La femme s'empressa de faire de même envers son compagnon et tous deux devinrent des êtres intelligents, décideurs et surtout révoltés. Yahweh perdit alors le contrôle de sa « création » et mécontent, très en colère même, promit les pires misères à l'humanité, maudit Lucifer et la légende biblique transforma cela en une précipitation dans les abîmes infernales.

 

Te voilà tombé du ciel

Astre brillant, fils de l'aurore !

Tu es abattu à terre,

Toi, le vainqueur des nations !

Tu disais en ton cœur : je monterai au ciel

J'élèverais mon trône au-dessus des étoiles de dieu ;

Je m'assiérai sur la montagne de l'assemblée,

A l'extrémité du septentrion ;

Je monterai sur le sommet des nues,

Je serai semblable au Très-Haut.

Mais tu as été précipité dans le séjour des morts,

Dans les profondeurs de la fosse...

Isaïe (XIV, 3-23)

 

     Un autre beau texte décrivant la "chute" de Lucifer vient de Mario Rapisardi, poète italien né en 1844 et décédé en 1912, qui dans son Lucifero décrit ce qui suit: 

     J'étais encore dans les cieux, beau de tous les rayonnements. Le vide du ciel était sourire et lumière, parfums et harmonie, et tous étaient bercés dans une mer d'oisiveté et de fleurs, se disant bienheureux. Moi seul, esprit inquiet, indifférent à cet avril, à ce bouquet éternel, je sentais, dans mon âme superbe, un vide mystérieux, une mer sans bornes, comme une solitude infinie tout autour de moi, en moi: si j'avais connu l'amour, peut-être dans mon coeur je l'aurais reconnu, ce jour-là. Le ciel me parut une petite chose, misérable la vie de l'éternité...

     Je regardai fixement Dieu en face et j'osai l'interroger: Qui est-ce qui m'a fait ainsi? Il flamboya de fureur et d'éclairs, et ne me répondit pas. La vérité, repris-je, la vérité éternelle; je veux tout savoir; si tu es le Vrai, dévoile-toi! Il lança la foudre; les anges tremblèrent, je tombai, mais sans lutter; je sentais que ma chute était plus noble que le dédain de Dieu... Je rompis ma prison; je cherchai l'air vif, la lumière de la terre; qui aurait pu mettre un frein à mon esprit? Jéhovah m'avait foudroyé, mais non vaincu. Une secrète pensée me disait: c'est là, c'est sur la terre qu'est ta destinée; c'est là le champ de tes exploits; c'est là, au milieu de tant de haines, qu'est l'amour; c'est là, au milieu de tant de morts, que la vie demeure...

 

Lucifero

Lucifero de Mario Rapisardi

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Magnifique statue représentant Lucifer en la cathédrale St Paul

de Liège, par Guillaume Geefs

© Luc Viatour

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La chute de Lucifer 

Dessin de Gustave Doré  

     Donc Satan et Lucifer sont strictement une seule et même entité. Ce n'est que bien plus tard que le Vatican décida de transformer Lucifer en Satan afin de maintenir les populations dans la crainte. Il y avait dorénavant d'un côté Dieu apportant la rédemption et le paradis après la mort et de l'autre côté Satan menant à la condamnation éternel au feu de l'enfer. Bien entendu, les hommes et les femmes de ces époques lointaines, faute d'instruction, crurent à ces balivernes et se soumirent à l'église catholique. C'est ainsi que Lucifer "le bel ange" fut transformé en Satan, un être hideux chargé de faire peur! 

      Doit-on employé les diminutifs « sataniste » ou « luciférien », « satanisme » ou « luciférisme » ? Chacun est libre de son choix. Pour ma part ma préférence va pour la racine « lucifer » car Lucifer est synonyme de rébellion, de révolte contre Dieu, par conséquent contre l'autorité ; ensuite Lucifer apporte la lumière, la connaissance en opposition à l'obscurantisme, l'abêtissement des religions.

 

     Luciférisme, messes noires et profanations.

     Il n'est pas rare de prendre connaissance dans les médias de faits divers mentionnant des traces de messes noires, de dégradations d'églises catholiques et de profanations de tombes. Dans la totalité des cas, ceci est l'oeuvre d'adolescents perturbés ou d'adultes attardés voulant se faire peur ou encore se servant du luciférisme pour assouvir leur penchant sexuel.

     Le luciférien sérieux n'ira jamais ouvrir un caveau ou peindre une croix à l'envers sur les murs d'une église. Quant aux cérémonies dites des « messes noires », cela relève de la pure fantaisie.

     Bien entendu il existe un rituel luciférien, mais qui se déroule au sein d'un protocole bien stricte et au cours de ces cérémonies, il n'y a jamais d'animaux sacrifiés ou encore pire de nouveaux-nés saignés à blanc sur le corps nu d'une jeune vierge ! Rappelez-vous les règles de vie numéro neuf et dix !

 

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Image populaire d'une "messe noire"

     Tout ceci n'est que divagations propagées par le cinéma notamment et entretenue à bon escient par l'église catholique. 

     Le seul cas historique avéré de messes noires sanglantes, encore que ces dernières se déroulaient sous couvert d'affaires bien lucratives, fut le cas Lavoisin. En 1666 (une date pareille ne s'invente pas), éclata le scandale de Catherine Deshayes plus connue sous le nom de Lavoisin. Au sud de St Denis, Lavoisin organisait effectivement des messes noires, mais uniquement pour camoufler sa « petite entreprise » si j'ose dire : fabrication et vente de poisons pour éliminer ennemis, conjoint, amants, maîtresses, etc., de ses clients et clientes. Ajoutons à cela des avortements pour supprimer toute trace de futurs bébés nés de rapports adultérins. Cela rapporta financièrement gros à Lavoisin jusqu'à son arrestation et sa condamnation à mort dans de terribles souffrances. Mais pour les vrais adeptes du luciférisme, le mal était fait ! Dans l'esprit de la population le rituel luciférien équivalait et équivaut encore à accomplir des actes sanglants.

     Concernant les profanations de tombes, il me paraît encore plus être le fait de dérangés mentaux car il serait bien difficile de trouver un lien entre ses actes et le luciférisme. D'ailleurs on se souviendra aisément du cas de Carpentras où un caveau juif avait été profané de manière horrible (le corps du défunt empalé sur un pic) ! L'enquête aboutit à la conclusion suivante : l'oeuvre d'une bande de jeunes fils de bourgeois de la ville, qui un soir de désœuvrement, décidèrent de « s'amuser » de la sorte.

     D'autres cas de profanations de tombes furent purement motivées par le gain financier, car il n'y a pas encore très longtemps de nombreuses personnes étaient mises en bière avec leurs bijoux.

     Un peu plus lointain dans le temps, quand le catholicisme interdisait la dissection des corps, des médecins et en particulier des étudiants volaient des cadavres fraîchement mis en terre afin d'ouvrir les corps et de voir comment était constituait l'être humain. Ici aussi, il n'y avait strictement aucun rapport avec le luciférisme.

     Concernant le sabbat, c'est-à-dire une assemblée de personnes quelque part dans la nature, il n'y a rien de "diabolique" dans cela également. C'était et ce sont toujours (pour la Wicca) des fêtes païennes régulières au cours de l'année: dans la nuit du 30 avril au 1er mai (nuit de Walpurgis) et surtout au moment du solstice d'hiver. Le sabbat ancien et actuel est en fait une cérémonie en souvenir des croyances d'avant le christianisme et une fête en l'honneur de la nature toute entière. 

 

     Luciférisme et le nombre 666.

     Satan, la Bête, l'antichrist est assimilé au nombre 666, image encore une fois transmise et retransmise maintes fois par le cinéma et par les sites internet.

     Cette mascarade est partie d'un texte de la Bible et plus précisément de l'Apocalypse de Jean (13-16) où l'on peut lire :

     Ici est la sagesse : que celui qui a de l'intelligence compte le nombre de la Bête ; car c'est un nombre d'homme et son nombre est six cent soixante six.

     Depuis des lustres, nombre de chercheurs professionnels ou amateurs, tentèrent en vain de trouver une explication à ces lignes bibliques qui passent pour une prophétie. Si 666 est un nombre d'homme, il est tentant de transformer un nom connu en nombre ainsi que l'inverse. Échec total même encore de nos jours malgré les puissants calculateurs informatisés. Certains virent Hitler en 666. D'autres Staline, et même Napoléon Bonaparte. Nous pourrions y ajouter tous les grands dictateurs de l'humanité à commencer par quelques sanglants empereurs de l'antique Rome. Un jour, j'ai même trouvé sur internet un site qui désignait 666 comme étant... Bill Gats en personne ! Pourquoi vous demanderez-vous à juste titre ? Parce que, d'après l'auteur de cette trouvaille, le fondateur de Microsoft à permis d'introduire dans le moindre foyer, ordinateurs et logiciels permettant de dominer et de surveiller le monde entier. C'est ridicule !

 

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Ci-dessus un exemple de calcul que l'on trouve sur internet

Ici 666 désigne un futur pape !

 

     La réponse tant recherchée se trouve dans la Bible où justement l'on peux lire dans le premier livre des Rois, versets 10 à 14 :

     Le poids de l'or qui parvenait en une année à Salomon était de six cent soixante six talents d'or.

     Ici l'on parle d'or, donc de finance. Or, en reproduisant au tout début de ce paragraphe les versets de l'Apocalypse de Jean, j'ai intentionnellement omis de transcrire les deux versets dans leur intégralité comme le font souvent les personnes voulant faire croire que 666 est le sigle d'un homme ou... du Diable :

     Et personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter ce signe : soit le nom de la Bête, soit le nombre correspondant à son nom.

     Or, depuis bien longtemps et encore toujours plus aujourd'hui, qui domine l'humanité si ce n'est la finance ! L'or ! Que faut-il pour vendre et acheter ? Quelle est la substance qui permet les transactions si ce n'est la monnaie, en espèce ou virtuelle ? Et qui à « inventé » ce système de plus en plus tentaculaire, englobant la planète dans le moindre recoin ? L'homme bien entendu !

     La Bible donne la clé pour comprendre le message : 666 désigne l'or et 666 est bien un nombre d'homme, car c'est ce dernier (ou du moins une caste) qui régie les règles monétaires internationales et aujourd'hui il est impossible effectivement de vivre sans être soumis à la Bête : l'argent !

     Il existe justement à ce sujet une polémique concernant les codes barres présents sur le moindre objet. Le codage EAN (European Article Numbering) est un codage binaire qui ne connaît que 0 et 1. Or, le 6 est symbolisé par une barre noire, un espace blanc, une barre noire, quatre espaces blanc que l'on retrouve à gauche, au milieu et à droite. Certains y voient le nombre 666. Étrangement cela correspond à la phrase du verset de la Bible: Et personne ne pouvait acheter ou vendre sans porter ce signe...

 

666, les secrets révélés

 

     J'ai souvent l'habitude de dire que le « démon » véritable se trouve tout simplement à Wall Street et dans tous les centres boursiers de la planète où se fait et se défait des échanges monétaires et spéculatifs au détriment la majorité du temps des populations esclaves de ce système! 

 

     Luciférisme et possession.

     En 1973, le public trembla de peur devant le film L'exorciste de William Friedkin ! Depuis, la liste de ces productions d'Hollywood s'allonge et montre, avec plus ou moins de succès, la possession par Satan ou l'un de ses subalternes, d'un être humain, une femme ou une jeune fille le plus souvent. On assiste alors à des scènes horribles de visages défigurés, de prouesses physiques comme se déplacer sur les murs ou au plafond, et la « victime » se met à parler un langage des plus orduriers dans sa langue maternelle ou dans une langue remontant du fond des temps.

     Dans la réalité et quoi qu'en dise l'église catholique, il n'y a jamais eu la moindre possession d'un être humain par le diable. Généralement, il s'agit de troubles psychiatriques, la médecine actuelle les expliquant facilement : soit les psychiatres sont confrontés à un « démon  subjectif » lié au phénomène de personnalités multiples, soit la personne atteinte est sujette à des crises d'épilepsie d'une nature très grave. Revenons au cinéma : autant L'exorciste avait pour but d'aller dans le sens de la possession diabolique, autant en 2005 Scott Derrickson réalisa L'exorcisme D'Emily Rose, mettant en parallèle la version religieuse: la possession, et de l'autre le cas clinique : la maladie. Inspiré d'un vrai cas, la film raconte l'histoire d'Anneliese Michel, une jeune américaine née en 1952, qui arrivée à l'âge adulte et entreprenant des études universitaires, se mit à se comporter de manière horrible (violence, contorsions du corps dans des positions difficiles à imaginer, langage ordurier, etc.). La médecine diagnostiqua aussitôt une épilepsie des plus graves et la mit sous traitement. Mais les parents, sous l'influence d'un prêtre (qui sera d'ailleurs jugé et condamné par la justice), abandonna les traitements et préféra laisser le prêtre pratiquait une série d'exorcismes sans grand effet bien entendu. La jeune fille mourut en 1976 à l'âge de 24 ans. L'autopsie démontrera que le décès était dû aux pratiques d'exorcisme infligées par le prêtre !

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 Anneliese Michel avant sa maladie 

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Anneliese Michel, maîtrisée par sa famille, au cours d'une crise d'epilepsie 

     Une autre cause peut expliquer le phénomène de la « possession » : l'ergot de seigle ! Plusieurs événements s'étant produits au moyen-âge et plus près de notre époque, comme par exemple à Salem dans le Massachusetts en 1692, où vingt-cinq personnes furent exécutées sous l'accusation d'être possédées par le « diable » !

     L'ergot est un parasite se développant sur le seigle et qui contient des alcaloïdes, dont l'acide lysergique. En cas d'ingestion, dans le pain en particulier, il provoque l'ergotisme qui se manifeste par des hallucinations terribles, la vasoconstriction des artères et par l'apparition de comportements s'apparentant justement à l'emprise du corps humain par une entité mystérieuse.

     Encore plus près de notre époque et en France, la commune de Pont Saint Esprit vécue en 1951 des jours terribles, mettant en alerte les autorités nationales face aux événements s'y produisant : hystéries, hallucinations, comportements « diaboliques » (des femmes se mettant nues à l'intérieur de l'église), etc. Il y eu cinquante personnes internées en asile psychiatrique. Après enquête il s'avéra que le meunier avait dans ses réserves du seigle atteint par l'ergot et qu'en faisant son pain, il contaminait peu à peu toute la ville.

     C'est à partir de l'acide lysergique que le docteur Hoffman « inventa » le LSD en 1943 !  

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Une supposée "sorcière" de la ville de Salem

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Un épis de seigle atteint par l'ergot 

 

     A Salem en 1692, ignorante de l'existence de l'ergot et de ce qu'il provoque, l'église catholique condamna à mort plusieurs personnes (25) et en majorité des femmes. Il ne fait aucun doute que si les événements de Pont Saint Esprit s'étaient produits en ces temps d'obscurantisme religieux, le résultat aurait été le même !

 

     La croix inversée.

     L'image de la croix chrétienne inversée est encore une fois de plus une invention du cinéma et d'une certaine littérature. Il n'y a absolument aucune relation entre le luciférisme et cette croix à l'envers. Le seul et unique emblème du luciférisme est le pentagramme appelé aussi pentacle. Pour vous en persuader réfléchissez un moment : la croix à l'endroit n'a jamais été une « invention » du christianisme après la mort du Christ puisque elle était déjà utilisée bien avant par les Romains comme moyen de mise à mort. Jésus fut crucifié parce qu'il était un dangereux agitateur pour l'empire Romain qui voulait que l'ordre règne en Palestine. S'il avait été exécuté sur un autre support (une roue par exemple), peut-être que l'emblème du christianisme aurait été une roue ! Rappelez-vous également que les premiers chrétiens avaient pour signe de ralliement le dessin d'un poisson.

     Ce n'est qu'à partir de l'an 324 de notre ère que le christianisme adopta la croix après la « vision » dans le ciel, par l'empereur Constantin, à la veille d'une bataille, d'une gigantesque croix sur laquelle était écrit « Par ce signe tu vaincras ».

     Certains satanistes croient bafoués la croix chrétienne en l'inversant sans savoir qu'en fait ils honorent indirectement un « saint » : l'apôtre Pierre ou Simon-Pierre en personne ! En effet, celui-ci, considéré à présent comme le premier évêque de Rome, fut arrêté et condamné à mort. Ne voulant pas mourir sur une croix à l'endroit comme le Christ, se considérant indigne de cela, les Romains dressèrent la croix à l'envers. Pierre rendit l'âme la tête en bas ! Cet épisode est raconté par Origène d'Alexandrie et depuis on appelle la croix inversée, la Croix St Pierre.

     Dans le catholicisme chrétien, la croix inversée n'est pas considérée comme antichrétien et encore bien moins satanique ou lucifériste. D'ailleurs l'on peut voir quelques fois la pape assis sous une croix inversée. Une photo de ce genre circule sur internet, provoquant un tas de rumeurs dans une tentative de prouver que l'église catholique serait associée à l'antichrist et qui plus est avec la complicité du... sionisme ! Élucubrations pures et simples de quelques illuminés !

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 Pierre mis en croix à l'envers (tableau du Caravage)

crosinv2---Copie Jean Paul II sous une croix inversée

 

     La musique

     On assimile trop souvent le luciférisme avec la musique dite « metal ». En fait, il faut remonter dans les années trente pour entendre des chanteurs de blues américains prononcés dans leurs longues plaintes des mots ou des phrases antichrétiennes. Il s'agissait là d'une dénonciation des pratiques racistes, au nom de la religion chrétienne, régnant à cette époque aux USA. Ces mélopées rythmées jouées uniquement avec une guitare ne pouvaient qu'être inspirées par le diable, ou en provenance de mystérieuses contrées sauvages d'Afrique ! Combien de chanteurs noirs se virent chassés des villes du sud si ce n'est pire : le meurtre pur et simple !

     Même plus tard, dans les années 50 et 60, Elvis Presley (pourtant blanc de peau) se vit reproché d'être trop « diabolique » à cause de son célèbre déhanchement risquant de donner des idées aux pures jeunes filles de parents conservateurs.

     C'est en 1970 que le groupe Black Sabbath inaugura le genre « metal » avec le black metal, sur des paroles macabres et un rythme pesant, le tout basé sur les idées d'Alester Crowley, fondateur de l'Order of Oriental Templar. Puis vint le groupe Led Zeppelin avec à sa tête le toujours actuel Jimmy Page. On remarqua alors d'une part les pochettes suggestives des disques et d'autre part des textes sans équivoques. Sans compter les rumeurs circulant sur d'hypothétiques messages subliminaux gravés dans le vinyle et que l'on ne pouvait entendre qu'en écoutant le disque en le faisant tourner à l'envers. Il y eu quelques procès en justice (par exemple envers le groupe Judas Priest), tous perdus par la tendance ultra-conservatrice des USA.

     Savez-vous que de nos jours encore des personnes croient dur comme fer que l'immense succès de Jimmy Hendrix et des Beatles est dû à un pacte avec le diable ? Ou encore que le nom du groupe australien AC/DC signifie « Anti Christ/Death Christ », alors que ces quatre lettres viennent tout simplement de « Alterning Current/Direct Current » (courant alternatif – courant direct) ?

     Certains sites internet, créés dans des buts de propagande religieuse, se font un « malin » plaisir à divulguer ce genre d'inepties ignobles !

     Aujourd'hui le genre musical metal propose un large éventail de tendance, allant du soft genre Within Temptation, au hard comme Gorgoroth, en passant par la voie du milieu : The Vision Bleak, Ramstein, Nightwish, etc. La liste serait trop longue pour énumérer toutes les tendances et ceci n'est pas l'objet du présent texte.

     Il est vrai que le genre metal fait également peur aux parents d'adolescents qui voient d'un mauvais œil leur jeune progéniture écoutait du Marylin Manson, par exemple. Mais quand on prend la peine de faire quelques recherches sur Manson, pour ne citer que lui, on constate aisément que le but n'est pas de pervertir mais de provoquer et de dénoncer un conservatisme et un politiquement correct toujours en vigueur aux USA et en Europe. 

     Il est donc impératif de prendre du recul avant de conclure trop vite comme le font aisément les milieux religieux. Il est certain qu'il est très tentant de se lancer dans la provocation à outrance quand nous avons devant nous des hommes et des femmes, bigots et bigotes, condamnant le sexe, l'avortement, l'homosexualité, la liberté de parole, la liberté de la femme, etc ; bref ne rêvant qu'à revenir à des valeurs de conservatisme politique et religieuse datant d'un autre âge !

 

     La tenue vestimentaire.

     Autre assertion véhiculée par les médias et par certains adeptes eux-mêmes, c'est de prétendre que tout luciférien doit être dans l'obligation de revêtir des vêtements noirs de la tête aux pieds, tout au long de l'année.

     Cette image de la tenue vestimentaire noire vient, vous le comprendrez, de la tradition remontant à la nuit des temps, où le méchant sorcier est toujours habillé de noir à l'opposé du gentil sauveur tout de blanc vêtu. Nous avons tous vu cela dès notre plus jeune âge dans les dessins animés de Walt Disney ! Même dans « Star Wars » le méchant Dark Vador est en combinaison et cape noires tandis que les gentils Jedi sont en cape très claire. L'allusion est sans équivoque : le mal est représenté par la couleur noire tandis que le bien par la couleur blanche. Seul Zorro fait exception à la règle !

     Les personnes toutes vêtues de noir ne sont pas toutes lucifériennes et vice versa. Quant aux jeunes « gothiques » que nous  croisons dans les rues, cela tient plutôt d'une certain mode passagère ainsi que d'une provocation affichée.

     La mode gothique est une sous-culture des années 1970–1980, venant du Royaume-Uni et issue des mouvements punk, post punk et s'inspirant du cinéma expressionniste allemand, du fantastique et du roman gothique : « Dracula » de Bram Stocker, « Frankestein » de Mary Shelley, « La chute de la Maison Usher » de Edgar Allan Poe, par exemple ; ou de la poésie (lord Byron et Charles Baudelaire sont des modèles du genre).

     Tous ces grands auteurs, pour ne citer qu'eux, créèrent dans leurs œuvres un rejet des valeurs de la société en recréant un autre univers plus sombre, sulfureux, inquiétant et lyrique.

     Enfin, pour revenir à la tenue vestimentaire, la seule façon éventuelle de reconnaître un ou une luciférien(ne) est le port discret d'un pentacle, sous forme d'une bague ou d'un pendentif.

     Pour conclure ce paragraphe, les authentiques mouvements lucifériens ne s'apparentent pas aux sectes, laissant libres leurs membres, et je vois mal une obligation de porter une sorte d'uniforme les mettant au même rang que d'autres mouvances dites spirituelles.