01-01-2015 17;55;17 (2)

     Depuis les années 1960, circule parmi l'extrème droite française et notamment au sein de la Nouvelle Droite du Groupement de Recherche et d'Etudes pour la Civilisation Européenne (GRECE) fondé par Alain de Benoist, un courant de pensée concernant le mythe nordique et plus particulièrement l'Hyperborée. Cela se traduit par l'affirmation suivante:

     A une époque très reculée il aurait existé au niveau du cercle polaire actuel une civilisation hautement avancée, les Hyperboréens, vivant sous un climat clément, voire même assimilé à celui imaginé pour le jardin d'Eden, et bénéficiant d'une technologie nettement plus avancée que les autres peuples primitifs d'Europe et d'Asie. Suite à une catastrophe naturelle (un basculement de l'axe de la Terre disent certains), l'Hyperborée serait devenu glaciale, forçant les Hyperboréens à un exode progressif vers le sud et apportant ainsi la civilisation et leurs connaissances à toute l'Europe actuelle, ainsi que le Moyen-Orient et l'Inde. D'où l'appelation d'Indo-Européens.

     Bien entendu, pour l'histoire officielle c'est tout le contraire qui c'est produit: c'est le sud et notamment les peuples sémites qui sont à l'origine des premiers signes de civilisations en particulier au niveau de l'écriture, de l'architecture et dans bien d'autres domaines. Cela l'extrème droite ne l'admet évidemment pas et considère qu'elle détient la vérité, dévoilant celle-ci dans des publications diverses afin de présenter des arguments parfois évidents mais aussi parfois fabriqués de toute pièce afin de faire "coller" les faits historiques. 

     Mon opinion:  Stéphane François propose par l'intermédiaire de son livre une lecture des différentes sources de cette littérature d'extrème droite qui invente ou réinvente la véritable origine des Indo-Européens avec comme berceau le pôle Nord. Il s'attaque plus particulièrement à Alain de Benoist, mettant en avant les nombreuses contradictions du créateur du GRECE et de ses amis. Il est certain que pour les historiens cette hypothèse Hyperboréenne ne tient pas et Stéphane François le démontre tout au long de son livre, néanmoins il faut reconnaître que lesdits historiens et les archéologues n'apportent pas toujours des réponses fiables et définitives à certaines interrogations. Comme par exemple nous donner une explication sur les similitudes entre l'archéologie de l'ancienne Égypte et celle des Mayas, à une époque où il n'y avait pas officiellement d'échanges physiques entre ces deux peuples pour une cause évidente: la distance! Se peut-il donc qu'il y ait un point commun: une racine unique comme point de départ? Il est logique de se poser la question! 

     Stéphane François présente également un petit défaut: il a tendance à croire et à faire croire que pratiquer le paganisme, autrement-dit être païen c'est d'être d'extrème droite automatiquement sous prétexte que le paganisme c'est l'amour de sa terre, de ses racines, de ses coutumes ancestrales, de son folklore et le rejet des religions monothéistes! C'est faire preuve d'un "raccourci" un peu trop rapide!

     Au-delà des vents du Nord est un essai édité par les Presses universitaires de Lyon, de 320 pages et comportant une longue bibliographie ainsi qu'un index.