16-08-2015 17;03;32 (2)

     Flavius Claudius Julianus naquit en 331 ou 332 à Constantinople et mourut précisément le 26 juin 363 aux portes de Ctésiphon, la capitale des Perses, doit son surnom "d'Aspotat", du fait qu'il renia la religion chrétienne pour revenir aux valeurs du polythéisme. En effet le christianisme était alors en plein expansion dans l'empire romain depuis la conversion de l'empereur Constantin qui avait fait du christianisme la seule et unique religion officielle. Julien était le neveu de Constantin.

     A la mort de celui-ci en 337 ses trois fils se disputèrent le pouvoir. L'aîné Constance II régna sur la partie orientale de l'empire tandis que les deux autres, Constantin le Jeune et Constant se partagèrent la partie occidentale. Mais ne supportant pas l'idée de voir d'autres prétendants au trône, Constance fit assassiner le père de Julien, son frère aîné et six autres cousins. Julien et son demi-frère Gallus échappèrent au massacre. Forcé de s'exiler le jeune Julien partit en Grèce pour Nicomédie chez sa grand-mère maternelle. C'est là qu'il suivit une éducation scolaire et chrétienne dispensée par l'évêque de Nicomédie, Eusèbe. En 339 Julien, Gallus et Eusèbe retournèrent à Constantinople mais Constance II vit d'un mauvais oeil ce retour et en 345 Julien et son demi-frère furent dans l'obligation de partir pour Macellum dans une forteresse où ils vécurent en semi-captivité pendant six années. Julien écrivit plus tard les péripéties de ce séjour dans Lettres au Sénat et au peuple d'Athène. Au cours de cette captivité Julien continua à recevoir l'enseignement chrétien dispensé cette fois-ci par Georges de Cappadoce mais en même temps le jeune homme se mit à lire les textes de Platon, Aristote, Socrate, Théophraste, Porphyre...; et c'est probablement à cette époque que Juilen commença à se détacher du christianisme et donc du monothéisme pour se rapprocher du polythéisme qui, rappelons-le, n'avait plus droit de citer, les cultes ainsi que les lieux de prière étant strictement interdits par l'autorité impériale. 

     En 355 coup de théâtre! Constance libéra Julien et Gallus et comble de l'étonnement Julien qui avait alors 24 ou 25 ans fut nommé César des Gaules avec la charge de mater les révoltes gauloises et de repousser les attaques des Germains. Julien devint un excellent général, apprécié par ses troupes et un tout aussi excellent administrateur des impôts gaulois. Voyant de nouveau un danger face à ce rival, l'empereur Constance décida de soustraire à Julien une grande partie de son armée pour combattre le roi perse Sapor II mais les troupes refusèrent d'obéir et proclamèrent Julien au titre d'Auguste.en 360. Constance mourut le 3 novembre 361 et aussitôt, devenant Empereur, Julien rétablit les cultes païens dans l'ensemble de l'Empire. C'est à Antioche, alors que son armée marchait contre le roi Sapor que Julien rédigea Défense du paganisme contre les Galiléens. Sa "victoire" contre le christianisme fut de courte durée car il décéda le 26 juin 363 à l'âge de 32 ou 33 ans tué d'un coup de lance au cours d'une bataille contre les perses. 

     Les chrétiens virent dans cette mort tragique et prématurée la "main de Dieu" frappant l'apostat et de ce fait plus rien ne devait arrêter la progression de la religion chrétienne.  

     Ce pamphlet de 76 pages fut édité par les éditions "Mille et une nuits", un département des éditions Fayard en mars 2015, sur une traduction du grec ancien de Jean-Baptiste de Boyer, marquis d'Argens (1703-1771). La mention dans le titre de "contre les Galiléens" est une précision de Julien qui voulait mettre l'accent sur le fait que le christianisme était issu d'une toute petite région de Palestine, la Galilée, et qu'en fait cette religion n'était qu'une secte qui ne prit son ampleur que grâce à l'opiniatreté de l'apôtre Paul ("de loin le plus grand imposteur et fourbe qui ait jamais existé (page 21), qui s'acharna après la mort de Jésus à divulguer la parole du Christ. Pour Julien, sans cela, le christianisme n'aurait pas vu le jour. Dans son pamphlet, Julien dénonce de nombreuses incohérences des textes de l'Ancien Testament comme du Nouveau. Comment Dieu, omnipotent nous dit-on, ne pouvait-il pas savoir que sa "création" tournerait mal assez rapidement? Il en est de même pour la déclaration de Dieu qui clame: "Tu n'adoreras point d'autres dieux que moi car je suis un Dieu jaloux". Étrange Dieu qui ressent un sentiment, la jalousie, qui est incontestablement un défaut pas très glorieux si un défaut peut l'être par ailleurs! Julien continue ainsi au fil des pages à énumérer quelques unes de ces incohérences flagrantes que l'on trouvent dans la Bible. 

     Mon opinion:  il y a de nombreuses années de cela j'avais pris la peine de lire verset par verset l'Ancien Testament et les "anomalies" du texte me sautèrent aux yeux. Si j'ai eu grand plaisir à prendre connaissance du pamphlet de Julien, ce qu'il dénonce ne m'étonne pas loin de là. Il est bien évident que le Judaïsme fut une religion inventée par des hommes et que ceux-ci transférèrent dans les actes et les paroles de ce Dieu imaginé, leurs propres angoisses et défauts. L'angoisse de l'homme, par exemple, face aux pouvoirs de la femme, d'où les nombreuses recommandations de Dieu afin de rendre le sexe féminin totalement soumis. Si les religions monothéistes n'étaient que le support pour permettre aux fidèles qui y adhèrent une simple "liaison" avec leur divin cela ne poserait pas de problèmes. Malheureusement le Dieu unique du judaïsme qui donna naissance au christianisme puis à l'islam entraîna les hommes individuellement et des nations entières, vers des conflits de conquêtes uniquement basés sur des mensonges. Et cela est loin d'être fini!    

     Vous trouverez des traductions des oeuvres de Julien ainsi que des articles en différentes langues en suivant ce lien julianus.org/julian.htm

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Prêtre_de_Sérapis,_Musée_de_Cluny

Flavius Claudius Julianus