17-12-2015 17;19;54 (2)

      Jean Raspail, voyageur, explorateur, journaliste et écrivain vit le jour en 1925 à Chemillé-sur-Dème. Après ses études il entreprend de voyager et en 1949 il effectue dans le cadre du scoutisme un périple en canoë de Québec à la Nouvelle-Orléans, puis en 1951 et 1952 il rallie en automobile la Terre de Feu à l'Alaska, pour ensuite partir sur les traces des Incas en dirigeant une expédition française. 

     Il raconte tout ceci dans ses deux premiers récits Terre de Feu - Alaska et Terres et Peuples Incas. Mais c'est par l'intermédiaire d'un roman paru en 1973 que le grand public fait la connaissance de Jean Raspail avec  Le camp des Saints, réédité en 2011 et qui rencontre aujourd'hui un nouveau succés dû à l'arrivée massive de migrants en Europe. 

     A ce jour, les livres de Jean Raspail se chiffre à trente-neuf (romans et récits), avec de nombreuses récompenses littéraires à la clef: Grand prix du roman de l'Académie française, prix du Livre Inter, Prix littéraire de l'armée de terre - Erwan Bergot, Prix Wartburd de Littérature. Jean Raspail n'a jamais caché son catholicisme traditionnel et ses choix politiques vers la monarchie. Son attrait vers la royauté se ressent dans ses romans. 

     Septentrion date de 1979 et fut publié chez Robert Laffont. Trente-cinq personnes, des hommes dont des militaires armés, des femmes et des enfants, fuient vers le Nord (le septentrion) à bord d'un antique train à vapeur, détruisant derrière eux les ponts, s'enfonçant à travers forêts et steppes, parce que derrière cette fuite quelque chose menace et entame une poursuite sans répit! Qui les poursuit et pourquoi? L'action se passe dans un pays inconnu (en tout cas en Europe), une principauté en fait, tout en longueur du Sud à l'extrème Nord, à une époque indéterminée (après la seconde guerre mondiale tout de même). A bord de ce train, dans le luxe des wagons d'une époque révolue, ce groupe de personnes fuient ce qu'un personnage du roman désigne comme "multitude" ("Je connais déjà leur nom. Ils se nomment multitude."). Mais cette désespérante tentative d'en réchapper est compromise par une étrange distorsion du temps: derrière le train, au fur et à mesure de son avance, le temps semble ne plus être le même. Il s'accèlère par rapport au présent des fuyards!  

     Mon opinion:  j'avais déjà lu Septentrion mais c'est avec un réel plaisir que j'ai relu ce roman qui interpelle le lecteur par une simple mais obsédante question: qui poursuit donc les fuyards? Chaque lecteur a eu ou aura sa réponse personnelle selon ses idées et convictions philosophiques, religieuses, voire politiques. Malgré le fait que le récit comporte quelques longueurs, en particulier quand le narrateur décrit avec précision l'intérieur de chaque wagon du train, Septentrion est un roman à lire par la qualité de sa rédaction de la part de l'un de nos grands écrivains contemporains français.  

jean_raspail_iafrate

Jean Raspail