10-03-2016 17;47;16 (2)

     Le titre complet de ce roman de Jean Raspail paru en 1993 aux éditions Robert Laffont est le suivant: "Sept cavaliers quittèrent la ville au crépuscule par la porte de l'Ouest qui n'était plus gardée". 

     Et la suite vient dès les premières lignes du premier chapitre: "Tête haute, sans se cacher, au contraire de tous ceux qui avaient quitté la ville, car ils ne fuyaient pas, ils ne trahissaient rien, espéraient moins encore et se gardaient d'imaginer". 

     Sept cavaliers ressemble à Septentrion (cliquez ici): on connaît certes l'époque (la seconde moitié du 19ème siècle), le lieu (l'Europe de l'Est), un pays gouverné par un margrave (titre de noblesse donné aux chefs militaires des" marches", c'est-à-dire un fief proche d'une frontière du Saint Empire romain germanique) et une capitale en l'occurence ici tout simplement la Ville. 

     Un jour, pour une raison inexpliquée, les enfants se révoltent, saccagent maisons et objets, tuent, contaminent la majorité des adultes qui s'entretuent, sauf une toute petite poignée de personnes terrées chez elles et un groupe de soldats, ainsi qu'un homme d'église, sept au total, trouvant refuge auprès du margrave dans son palais. Parallèlement les trains ne roulent plus et le télégraphe est totalement muet. La Ville sombre rapidement dans l'oscurantisme le plus total. Le margrave donne alors l'ordre au colonel-major comte Silve de Pikkendorff de prendre six hommes avec lui, avec sept chevaux, armes, munitions et vivres, et de quitter la Ville pour le Nord afin de découvrir les raisons de ce désastre. Et c'est ainsi que "Sept cavaliers quittèrent la ville...'. 

     Mon opinion:   comme dans Septentrion les valeurs si chères à Jean Raspail sont présents: l'amitié, la complicité sans faille entre les membres du groupe, le courage, le rappel du passé, la religion catholique, un danger qui menace mais indéfinissable, même si dans Sept cavaliers des indications nous donnent une piste (les églises, cathédrales et monastères détruits, les crucifix enlevés et le regroupement dans une plaine loin de la Ville d'une multitude de tribus musulmanes (1)). Et puis toujours l'avancée inexorable vers le Nord à travers une nature de plus en plus hostile avec la diminution progressive du groupe initial. Plus que deux hommes à l'arrivée à la frontière Nord du territoire perdu et là... Jean Raspail nous réserve un surprise et une fin de roman inattendu. Le texte est fluide, sans longueurs et au fil des pages on suit sans lassitude les péripéties de ces sept cavaliers. 

       -----

     (1) Sur les 224 pages du roman pas une seule fois le mot "musulman" est écrit et pas une seule allusion à l'Islam, mais il ne fait aucun doute que le danger vient bien de là.