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     Édité en 1991 aux Éditions de Fallois. 

     "Philippe Charles François Louis Henri Jean Robert Hugues Pharamond de Bourbon fut sacré roi de France à Reims le 3 février 1999, sous le nom de Pharamond..."

     "La place et le parvis étaient déserts, les cloches muettes, les troupes et les fanfares absentes, et le peuple de France, qui dormait, ignorait l'existence de ce prince et ne connaissait même pas son nom". 

     "Il était trois heures du matin". (Extraits du roman). 

     Quelque part sur une île au large de la Bretagne, Philippe et sa soeur jumelle Marie, dix-huit ans, tous deux descendants de la très longue lignée des rois de France remontant aux Mérovingiens, s'appprètent après une cérémonie religieuse à gagner Reims en compagnie de trois jeunes hommes du même âge. Une fois sur le continent le voyage se fait la nuit à cheval, évitant villes et villages, avec la complicité de certaines personnes et parfois l'avènement de faits étranges (miraculeux?), tandis qu'à Paris le ministre de l'intérieur au courant de cette cavalcade en direction de la cathédrale de Reims, demande à un commissaire des services secrets de suivre de très près par mesure de précaution cette improbable retour de la royauté en France républicaine. 

     Mon opinion:  Jean Raspail profite de cette fiction pour régler ses comptes avec la société actuelle mais surtout avec les exactions des révolutionnaires de l'après 1789. A commencer par l'exécutiion de Louis XVI et celle de Marie-Antoinette mais surtout, à partir du 4 septembre 1792, les profanations des tombeaux des rois de France dans le sous-sol de la basilique Saint-Denis. L'auteur consacre un chapitre entier à décrire l'horreur historiquement enregistrée de ces profanations avec la jetée des restes des corps dans une fosse commune, sur laquelle dansèrent des hommes et des femmes totalement hystériques. Tout aussi historique: le vol et la disperssion des joyaux et des objets de la religion. Par l'intermédiaire de Sire, Jean Raspail ne cherche pas à convaincre le lecteur de la nécessité d'une restauration de la royauté mais uniquement d'expliquer le principe royal et la beauté du sacré.