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     Alain Vincenot né en 1949 est journaliste et écrivain, auteur d'essais, en particulier Les larmes de la rue des Rosiers en 2010, Vel d'Hiv: 16 juillet 1942 en 2012, Pieds-noirs: les bernés de l'Histoire en 2014 et Rescapés d'Auschwitz en 2015. 

     Algérie - Les oubliés du 19 mars 1962 date de février 2019 aux éditions l'Archipel. 

     Officiellement la guerre d'Algérie débuta le 1er novembre 1954 avec l'assassinat de deux personnes:  Guy Monnerot, instituteur et un musulman, Hadj Sadok, ancien capitaine de l'armée française (l'épouse de Guy Monnerot se retrouva grièvement blessée). A partir de cet instant les attentats se multiplièrent dans les grandes villes (grenades et bombes) ainsi que des attaques sanglantes contre les exploitations agricoles des campagnes. Avec l'intervention de l'armée (appelés et engagés) la situation sembla en bonne voie de s'apaiser et les pieds-noirs reprirent espoir d'autant plus que le général de Gaulle multiplia les promesses que jamais la république française n'abandonnerait l'Algérie... pour ensuite revenir sur ses déclarations et engageait des pourparlers avec le FLN. Et c'est ainsi que le 19 mars 1962, les accords d'Évian mirent officiellement fin à cette guerre, avec un cessez-le-feu le lendemain 20 mars à midi. Gouvernement français et FLN s'engagèrent à "interdire tout recours aux actes de violence, collective ou individuelle". Si l'armée française respecta cet engagement avec le repli de tous les militaires dans leurs casernes, les hommes du FLN au contraire poursuivirent leurs exactions envers les civils pour forcer les pieds-noirs au départ. "La valise ou le cercueil"!  Tout d'abord 80 000 harkis abandonnés par la France seront massacrés. Entre ce 20 mars 1962 et le 5 juillet 1964 -date de retour en France des derniers soldats français- 600 militaires seront tués ou enlevés. Entre ce 20 mars et novembre 1962 on estime à 3000 pieds-noirs qui disparurent sans laisser de trace. Et tout cela dans l'indifférence totale sur tout le territoire français avec la complicité silencieuse des partis et journaux de gauche. A Marseille, port où de nombreux pieds-noirs arrivaient en bateau, Gaston Deferre, maire de la ville, déclara le 26 juillet 1962: "Qu'ils quittent Marseille en vitesse! Qi'ils essaient de se réadapter ailleurs et tout ira pour le mieux.

     Mon opinion:  une blessure encore bien présente aujourd'hui pour des dizaines d'hommes et de femmes qui ne savent pas où se trouvent les corps de leur père, époux ou de leur(s) frère(s) après leur enlèvement. Officiellement bien sûr ils sont morts mais dans quelle condition? Pourquoi toujours ce silence et souvent la crainte des gouvernements respectifs français actuels de demander l'ouverture de certaines archives en Algérie? Emmanuel Macron déclara même le 14 février 2017 lors d'une visite officielle à Alger alors qu'il était candidat à la présidentielle: "J'ai toujours condamné la colonisation comme un acte de barbarie. La colonisation est un crime. C'est un crime contre l'humanité.

     Algérie: les oubliés du 19 mars 1962 est un ouvrage qui fait quelque fois "mal" au travers des mots et surtout des témoignages poignants des familles, notamment l'histoire de dix personnes disparues et oubliées parmi bien d'autres. 

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Alain Vincenot