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      Édité en 1986 chez Robert Laffont, ce roman raconte l'histoire véridique et dramatique d'un peuple que la science appela fuégien du nom des canaux fuégiens de la Terre de Feu ou encore Alakalufs (mangeurs de moules). Mais ce peuple avait un nom bien à lui: Kaweskars signifiant tout simplement "Hommes". 

     Par l'intermédiaire de Lafko, fils de Lafko et petit-fils de Lafko ainsi de suite, nous suivons l'épopée des Kaweskars depuis l'ère du Paléolithique jusqu'aux temps modernes, fuyant toujours vers le Sud du continent américain l'invasion d'autres peuples venant d'Asie. Bien avant la découverte de l'Amérique, les Kaweskars arrivèrent en Patagonie puis en Terre de Feu. Ils se crurent alors en sécurité au milieu de ces terres sauvages et soumises aux pires conditions climatiques. S'adaptant à cet environnement, naviguant en famille dans des canots au milieu de ce labyrinthe liquide, se nourrissant de chair de baleine, de phoque et de moules, vêtus seulement de peaux d'animaux, le corps enduit de graisse de phoque pour se protéger du froid, ayant un parler très restreint, ne connaissant pas de religion sauf deux ou trois entités pour les naissances et la mort, les Kaweskars vivaient heureux jusqu'au jour de l'année 1520 où Ferdinand de Magellan découvrit le détroit qui porte son nom. C'est exactement le 22 avril 1526 au cours de l'expédition de Garcia Joffre de Loaïsa que le premier contact se fit entre les Kaweskars et les Européens: "Ces indiens brandissaient des torches, et certains d'entre nous craignaient qu'ils ne viennent incendier les navires. Ils n'osaient pas s'approcher, mais nous ne pouvions les poursuivre avec les chaloupes car ils nous distançaient dans leurs canots" ((Extrait du journal de bord de l'expédition - Source: Wikipédia). A partir de cet instant fatidique le sort des Kaweskars était scellé. De façon lente mais inéluctable la "civilisation" européenne détruisit le peuple Kaweskar avec les maladies importées, l'alcool, les tentatives de les christianiser, la prostitution; bref leur sort subit le même destin que bien d'autres peuples avant eux.  (En 2000 il ne restait plus que 14 Kaweskars non-métissés). 

     Mon opinion:  Qui se souvient des hommes... est un roman beau, passionnant mais aussi sombre. C'est également un remarquable récit géographique sur ces contrées lointaines dont on parle que très rarement même encore de nos jours. A lire, à relire et à faire lire!